Des mentalités business américaines & françaises
Par Simon le lundi 15 décembre 2008, 22:04 - E-business - Lien permanent
Mon dernier jouet ApplicationiPhone.com décolle très fort et je m'amuse beaucoup. Pour la première fois de ma vie je gère l'ensemble des métiers d'une start-up - extrêmement modeste - de A à Z.
Coder un peu et dégotter les bons plug-ins, intégrer beaucoup, produire les graphismes nécessaire au webdesign et au merchandising, produire le contenu, peaufiner le SEO, industrialiser l'affiliation, préparer la régie publicitaire, réfléchir au produit et penser les features à venir, veiller h24 pour tâcher de sortir les bon scoops, et enfin, m'occuper du business développement, à savoir nouer des relations les meilleures possibles avec la liste - qui s'allonge - des éditeurs de jeux et d'application iPhone, qui sont aujourd'hui des partenaires, et à qui je compte bien, dans un futur proche, vendre des prestations publicitaires à fin des les aider à toucher un public ultra-ciblé en gagnant en visibilité : un aspect de leur marketing sur lequel ils n'ont aujourd'hui aucun contrôle dans l'App Store eut égard aux règles strictes d'Apple et au nombre toujours croissant de jeux et d'application (plus de 10 000 à l'heure actuelle).
Dans ce petit jeu de la prise de contact je voulais partager avec vous ma consternation profonde face aux quelques éditeurs de jeux et d'application iPhone français que j'ai pu emailer (certains font *heureusement* exception à la règle).
Jusqu'à présent, tous les éditeurs américains (mais aussi anglais ou allemands) m'ont recontactés sous 24h, me remerciant chaudement d'avoir parlé d'eux, me proposant des news exclusives, des dizaines de versions de tests gracieuses, voire même, des codes promotionnels iTunes à faire gagner sur le site, et ce alors que c'est moi qui prenais contact dans la positon du "démarcheur", beaucoup ont saisi la balle au bond en me challengeant sur un coverage de plus, en m'envoyant une version à tester, un communiqué de presse, etc.
Et pendant ce temps, les quelques éditeurs français que j'avais mailés m'opposèrent un silence radio total, du genre "qu'est-ce qu'il nous veut celui-là...". un peu comme on reçoit un commercial Xérox qui sonne à 16h alors que c'est le plein coup de bourre dans les bureaux.
Au delà du self-hating/self-bashing qui est un sujet revenu en force autour de leweb08, et en essayant de ne pas tomber dans le cliché du français éternellement critique envers ses compatriotes, je ne peux pas m'empêcher de ressentir une certaine amertume quand je constate la gourditude et la méfiance par défaut des boites françaises dans de telles situations. Et pourtant beaucoup sont des petites start-ups. Et je me trouve fort navré de devoir constater que cette attitude fait finalement ressortir une notion centrale : le manque d'opportunisme génétiquement manquant en France qui explique, par bien des aspects, les 2 ans de retards canoniques de notre pays sur la Silicon Vallée.

Commentaires
Au dela même du manque d'opportunisme, c'est le manque d'optimisme qui me choque. Un français réagira de manière au mieux méfiante, tandis que l'américain se dira au pire qu'il a gagné un backlink!
c'est tellement ça...
Plus ça va, plus je me rend compte qu'une grande partie des gens en France ont "peur" des autres... Comme si "les autres" étaient forcément nuisibles.
Au lieu d'avoir une position d'ouverture, la plupart ne vont pas se demander ce qu'ils pourraient gagner dans un échange (autant sur le plan business, que humain) , mais ce qu'ils pourraient y perdre ...
Et je pense que ça se ressent dans le business...
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