Saatchi Night entre Replicants
Par Simon le dimanche 5 octobre 2008, 14:14 - Personal - Lien permanent

La nuit parisienne. Ses mèches folles et ses clubs fachistes. La vraie
prostitution moderne est là finalement, devant le videur. Mais admirons plutôt
la hypitude complètement démodée du dernier lieu couru. Dans une sous-pente
étouffante façon chambres de bonnes en enfilade, dernier sas sécurisé d'un
l’endroit déjà bien protégé, une chanteuse néo-zélandaise entonne Summer Time
a capella. Dans l’assistance, une petite actrice américaine en robe
plus ou moins haute couture plus ou moins déchirée commence à s’énerver que
personne n’ose soutenir son regard. Sa clique new-yorkisante mais seizièmisée –
avec l’inévitable mec en peignoir – fait mine de jouir délicieusement du
moment. Pendant ce temps un étage plus bas, la foule des replicants
habituels, mains dépliées sur le torse ou crispée dans les cheveux lèvent de
temps à autres un petit doigt implorant en équarquillant grand les yeux en
direction du physionomiste maison, qui s’appelle Mike ou bien John ou Francis.
Mais Mike - ou John - leur oppose cette petite mine contrite et ce tournement
de dos sur place, et ils ne rentrent pas. En haut toujours, l’on discute devant
un saut à champagne avec un coréen chétif qui vit à Brooklyn et fait de la
peinture. Après de longues minutes d’un dialogue haché il montre sur son
Blackberry les shoots un peu cheaps de quelques unes de ses toiles. Qu'on se
fait passer, admiratifs, entre locaux admis au premier, et curieusement tous
affiliés à la mafia d’un magasin de la rue saint-honoré au prénom d’écrivain.
Sauf un, bien content d’avoir de tels amis. Au réveil. Vaseux. Curieux. L’on
google le petit coréen, pour réaliser qu’à 36 ans, l’animal, qui peint
d'immenses fresques abstracto-schizophréniques dixit les abstracts du site de
la Saatchi Gallery, mais à couper le souffle, possède une notice sur
Wikipédia de plusieurs pages – un véritable indice moderne de bankabilité – et
a déjà exposé dans plus de villes au monde que l’on n’en visitera sans doute
jamais. Réveillant en soi l'inévitable questionnement métaphysique du pourquoi
je suis pas un artiste putain moi aussi j'ai une sensibilité merde à la fin.
Mais en rentrant, pourtant repu du spectacle et satisfait d’un tel accès, l’on
se prend à chercher l’essentiel, ou au moins l’un de ses substituts bradés
qu'on aurait pu croiser...

Commentaires
miam!
il manque juste un peu de name dropping pour les néophytes la!
Hier soir après ton appel c'était "full on replicants" aussi la ou tu sais à la fête de qui tu sais.
Il y a de quoi en écrire des tartines bien fat...
Argh!
écoute j'ai hésité à name-dropper comme un malade mais c'aurait été trop facile en fait, et puis ça n'est pas très intéressant de toute façon, sauf le petit coréen qui peint des trucs complètement bluffants, check Jin Meyerson sur wikipedia et balade toi dans les liens de bas de page!
ah ouais il a quand même exposé chez Perrotin ton petit coréen chétif ..
il a pris bcp de LSD aussi, j'aime bien!
Comme quoi ca vaut le coup de passer ses soirées au Chou Chou!
Patrick Bateman es tu là ? :)
tr�s interessant ce blog :)
rien a dire toujours le meilleur du web!