Aujourd’hui en allant au cinéma Metron iMax Plus à 6 :15 voir Hancock avec Will Smith en superhéro alcoolique dans une salle où, persistant comme un monde le public applaudi à la fin avec les même mains qui ont servi à manger leurs pop-corns imbibés du beurre liquide dont ils les couvrent copieusement comme les kebab la sauce blanche sur les frites j’ai repensé à cette expression un peu moquée un peu galvaudée exception culturelle française et je me suis « cette fois mon gars tu commences à comprendre ce que ça veut vraiment dire ! »

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Le Métreon c’est bien. Il y a dix films, de durées similaires, de scénarios similaires avec dedans dix licences plus ou moins différentes mais toutes très proprement packagées. Mais ce qu’il y a de vraiment formidable c’est que les couches sociales ne cohabitent pas. Et c’est là ou j’ai remarqué l’aberration des cinéma parisiens qui souvent te mêlent des films américains avec des productions locales et de temps en temps un petit ovni d’art et d’essai qui fait fièrement sa cinquantaine d’entrées Paris/Périphérie sur 9 écrans sur sa première et dernière semaine d’exploitation, drainant des publics qui somme toute, eh, gagneraient à ne pas se croiser puisque de toute façon il n'ont rien à se dire et même s'il avaient ne se le diraient pas. C’est une sorte de cinéma démocratique où il y en a un peu pour tout le monde et où tout le monde se croise. Mais quelle erreur ! Le cinoche américain règle ça qui t'enfouit ses salles au dernier étage d’un centre commercial entre la boutique Ben & Jerry's et le corner Quicksilver, avec une unité de choix, de genre et de co-spectateurs tout à fait théâtrale, dans le plus pur esprit de la grande Tragédie. Mais au moins on est entre nous. Pas de béret gavrochesque en troisième première année de fac de ciné pour tenter de t’enfumer avec la portée existentialiste d’un dénouement ontologique tout en essayant de te taper une clope après la séance. Dans Hancock mon pote les méchants sont encastrés la tête de l’un dans le trou de balle de l’autre et, à la fin, tu parles que le héros s’en sort, un petit crochet en fonte entre les omoplates mais rien de bien grave. A ce stade l’avantage c’est que le questionnement existentiel est vachement apaisé, c’est pour ça que cette société est si dynamique, et sure d’elle, no questions asked. Et ça laisse vachement de temps entre la sortie de la salle et la descente des escaliers roulants pour parler du match de baseball de la veille. Entertainement camarade, j’écris ton nom !