A bicycletteeuu...
Par Simon le dimanche 16 mars 2008, 07:48 - Personal - Lien permanent
Aujourd’hui j’ai acheté un vélo.
Un beau vélo de course rouge pour aller avec ma
barbe.

Forcément trouvé sur Craigslist je vais le récupérer chez John qui habite
vers 28th & Mission. John a une tête
d’ange autiste qui irait parfaitement à un university student
post-massacre à la carabine de ses 23 camarades de classe, et
parle un américain mâchouillé et épileptique qui déraille en fins de phrases.
Le vélo est affiché $200 online mais une fois sur place il me dit maybe i’ve
overpriced it a bit. Alors $175.
La roue avant crève 5 blocs plus loin. Pas la moindre pensée rancunière pour John. Aux US un vélo sur Craigslist à $175 alors que la moyenne est à $500 ça veut juste dire : tu vas crever 5 blocs plus loin. J’étais prévenu.
Le hasard libéral faisant bien les choses, je crève juste devant la vitrine de DIRT CHEAP MATTRESS. Un autochtone assiste à la scène et me regarde impavide : Oh that sucks dude. Yeah dude, that sucks bad.
9 blocks.
Avec mon vélo sur l’épaule.

Après coup je réaliserai d'ailleurs que j’aurais facilement pu le
pousser sur la roue arrière voire même prendre un bus
avec. Mais non. Je le porte. Une bonne dose d’imparable
pavlovisme mâtinée d’une pincée de masochisme jovial
auront eu raison de ma logique. Direction le gros Bike Shop de
Brannan St., juste à coté de chez moi.
Dans la rue tandis que je porte mon bolide, crapahute à mes cotés une sorte d’énergumène en nage, traînant derrière lui ce qui ressemble fort à un poteau téléphonique en bois. Je lui demande ce que c’est. Il m’explique qu’il va en faire une véranda chez lui et qu’il économisera $35. Il pense que je me fous de lui parce qu’il porte un poteau en bois. Je lui explique que quelques jours plus tôt dans la même rue, je portais un matelas. Là c’est lui qui se fout de moi. Un peu plus loin toujours bords à bords il me montre son pick-up déglingué parqué sous une autoroute et me propose un ride jusqu’au Bike Shop. Rompu aux préceptes de la Loi de Murphy et de ses nombreux corollaires je décline poliment - des fois que notre énergumène une fois dans le pick-up ne m’exhibe au choix un Glock ou une verge turgescente.
J’arrive au Bike Shop. Réparation minute. Pneu, antivol, lumière, rétroviseur. Essai d’un casque, un noir, un bleu, un rouge peut-être pour aller avec mon bolide ? – hey dickhead – pas de casque. Chambre à air aussi ? Allez. Gouffre financier engagé. $100+ dollars de réparations. Bon d'achat de de $17 gagné – je prends allègrement – toujours instructif dans ce pays de savoir à quelle sauce marketing on sera mangé. Vélo prêt – je ressors. Dîner. North Beach. 22% de déclivité. Je pousse. Je nage. Restau Italien. Pain à l’ail. Qui fait le pain ? Drink en ville. Vin rouge chilien genre vinaigre parfumé au jasmin. Heading back home dudes. La descente, je me laisse glisser. Houseboat en vue. Pont métallique. Pneu arrière qui crève. Dodo.
Lendemain retour au Bike Shop où je passe subitement du statut de frenchy marrant à celui de client ultra-respecté. Ils m’adorent. Je répare. Pneu. Chambre à air aussi ? Allez. Gouffre financier consommé mais le bon d'achat qui fonctionne miraculeusement sans arnaque sous-jacente. Coup de fil de John. Dude, forgot your ID at home – la carte d’identité que je lui avait laissé pour essayer le vélo. Folsom & 4th direction 28th & Mission. 1h de vélo. Hey dude. Trajet retour. Mission St. Arrêt au supermarket mexicain le moins cher des Etats-Unis. Je prends tout ce qui a l’air bon : avocats à $0.39, bananes plantains, haricots noirs, tacos, oignons, citrons verts, morue séchée. Passe à la caisse. Por favor how much ? Ah si, muy good $12.56 por el total si, gracias senorita, si si bye bye. Will vener again por la manana soon. Adios. Gracias !
Conclusion, me voilà enfin communo-statutairement équipé d’un véhicule. Prochain investissement ? Une selle sans doute. L’actuelle me déchire un peu trop les muscles du postérieur au rythme du relief de la chaussée. Mon nouveau gay buddy latino-meltingpotisé Anthony, rondouillard et désopilant me rassure : you’ll get used to it Simon.
Commentaires
ah mon sy....
quelle aventure!
tu veux que je t'envoies des rustines par la poste?
je t'embrasse et bon tacos!
hasta manana dude!
Dirt cheap Mattress > J00!
Enfin je remarque que les joies du libéralisme économique sauvage affinent ton style petit à petit . Bref de plus en plus réjouissant à lire. enjoy m8.
Tu vas t'y faire, t'as le cul plus dur et cabossé depuis qu'on a taffé ensemble dude! :p Et je parle pas des contrats marocains...
haha effectivement :p
comment se prépare le départ au fait ?
Ah ah, j'adore votre (ton?) blog !! Bravo pour le style d'écriture ;) -laurent
Ton ;)
Merci!
S
C trop drôle!!!! Merci ça m'a mis de bonne humeur pour la journée!!
A plus,
Biz
Isabel
Moi j'm pas c'est nul..
Mec tu me fais rire aussi. Live good.
++
j'aime bien vtore analyse
avec vous!!!
juste pour vous dire votre analyse me plais beacouuuup merci
rien a dire toujours le meilleur du web!
et qui n aime pas vivre avec!!!!
cest economique et ecologique :)