Me voilà donc comme Buck Danny Dans les griffes du Dragon Noir, résident du Fleuve Rouge, embedded dans un nid de jaunes par la grâce d’un lease contract dispendieux, avec en fin de ponton un vétéran du Vietnam (pris entre deux feux !) armé jusqu’aux dents, supposément paré à défourailler mes chers colocataires bridés à la moindre incartade et/ou velléité libérationnisto-communiste - le tout sur fond de récession économique et de tension éthnico-électorale au pays du dollar flanchant.

Et grâce à mes nuits en mer, j’ai le mal de terre au bureau. Great !

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Sachant qu'ils ne sont même pas Vietnamiens - mais Chinois – voire même, Taïwanais. Rita l’artiste de l’Academy of Art University et Hermit le Webdesigner qui prend le même Caltrain que moi les matins pour aller bosser dans la Valley. Sur les passeports c’est Kim Wei-Yong et Cho You-Chin - ou quelque chose d'approchant. C’est aussi ça l’Amérique.

D’ailleurs un peu plus tôt lors de mon séjour étasunien, surfant le couch d’un hôte entrepreneur (avec le business - pas avec moi), je découvrais que le pré-désigné Allan Smith - l'homme à la dev-house ukrainienne - s’appelait en fait Ratislav Popotrovitomikaelovith dans une autre vie. Manifestement une coutume locale qui appelle la question suivante : dois-je me renommer en Stinson Daw/Doe ? Voire judéo-américaniser mon ex-patronyme arménien Devletian en Devensberg ? La question reste ouverte et court jusqu’à ma naturalisation prochaine.

D’ailleurs en parlant de récession économique mais à un niveau plus personnel, je signais 2 jours plus tôt mon bail avec la triade susmentionnée. Un grand moment de solitude à nouveau, puisqu’assis à une table, le soleil dans les yeux, face à quatre chinois (le petit ami + l’ex-coloc arrivés en renfort), sur le plan non-incliné un contrat qu’il faut signer, et, à un moment critique où l’on parle de $$$, les 4 qui se mettent subitement à parler un chinois diarrhéique en vous regardant bien dans vos yeux de merlan frit. Dans ces moment-là où tout vous échappe, vous raclez nerveusement le dessous de la table tandis que cette vielle démangeaison dans le cou se réactive, et, par flashs successifs, vous reviennent les images des films Hollywoodiensle méchant sino-tortionnaire récite, dans sa langue natale et en souriant, un couplet au supplicié bientôt embroché par l’urètre.

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Mais au final tout se passe bien. On signe. Je m’arrange quand même pour omettre un paraphe à chaque page du contrat dans l’éventualité peu probable - en cas de litige je pense plutôt finir d'une pousse de bambou dans la jugulaire - ou la triade déciderait se pourvoir dans un des tribunaux locaux - ceux qui commencent par Federal... en lettres capitales. On coule un dé à coudre de saqué, crache un grand coup sur la moquette et on oublie. La vie peut prendre son cours dans le houseboat, à chacun ses horaires et les rats seront bien gardés, le gingembre bien épluché et les fishballs bien décongelées.

Néanmoins quelques moments d’intense communication aux abords du dîner parsèmeront désormais des demi-journées de cohabitation finalement assez calmes et localisées dans les chambrées. Beaucoup de phrases qui commenceront par de grands « Aaaaaaaaaaaaah ! yesz aïe tzee ! » en ouvrant la bouche et levant le menton - vieille technique de Yakuza bien connue - et le Hermit - cela mérite d'être rapporté - qui rincera ses coquilles d’œuf avant de les jeter. Oui oui.