Aujourd’hui m’a amicalement rappelé que j’avais encore tendance à sous-estimer les distances dans San Francisco ! Parti aux aurores j’en ai usé ma paire de baskets au point de les jeter en rentrant. Heureusement ici, la Nike ne vaut pas grand-chose. Au vu du taux de change actuel, j’ai immédiatement réinvesti.

Grande virée, pédestre donc, par Geary, Financial, Chinatown et Broadway pour atterrir dans les quartiers résidentiels feutrés du nord, sur Broadway & Fillmore, à un autre spot de couchsurfing (qui se transformera en Tacosurfing grosso-modo) chez Emmanuel.

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Emmanuel se définit as an entrepreneur and visionnary et travaille pour Quickeo, une start-up de SF composée de pas mal de français, et qui édite une application d’envoi de fichier multimédias.

Franco-américain il dispose de la double nationalité, et interpellera plus tard 3 blondes au café qui parlaient de Sarkozy. Avec sa corpulence fluette, son visage d’enfant, ses 20 ans de violon et autant de ballet classique les statistiques semblent ne lui laisser aucune chance mais non, il n’est pas gay.

Avec lui c’est un cours accéléré. Il me donne l’opportunité ethnologique d’observer l’impact de la culture américaine sur un organisme initialement façonné en France, ce qui me permet, par contraste, de pénétrer d’autant plus rapidement certaines spécificités américaines. A peine arrivé chez lui nous parlons boulot, et en 5 minutes je me retrouve sur Skype avec son boss, le fondateur de Quickeo, un Français qui s’avère être le père de Gabrielle, une fille très sympa rencontrée à Paris 4 mois plus tôt. Je vous laisse le plaisir de par penser vous-même que le monde est vraiment p…

Au final un drôle de personnage, débordant d’énergie, qui semble bien sharp sur ses sujets et que j’espère recroiser bientôt.

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Nous déjeunons avec une autre couchsurfeuse, Chanti. Arrivée de Montréal elle aussi thinking about relocating relocating herself in SF. Une pure baba-cool Emotional Healer & Intuitive Counselor qui commencera à imprimer des affiches au moment de partir (back in business !) et m’explique que sur la cote Est les gens sont trop analitycals pour ses méthodes, tandis qu’ici elle parvient à soigner certaines personnes juste en les touchant et en les pénétrant du regard (fixez bien la photo pour une séance gratuite).

L’analyse des névroses américaines s’annonce déjà pour moi comme un vaste champ d’étude.

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Enfin Rocky est un asian gay buddy d’Emmanuel qui nous rejoint sur la fin du déjeuner pour des raisons de computer assistance. Très sympa, il s’exprime comme on jouerait de la flûte traversière et pousse des petites séries de « awesome awesome awesome » très rapides et aspirés. Nous discutons de Yelle et TTC sur le ride du retour, qu’il me donne dans sa vieille Toyota. Je lui explique les relations du groupe et de la chanteuse. Il kiffe grave.

Globalement, rarement une ville ne m’a donné l’impression de pouvoir se l’approprier aussi facilement. Sa beauté est le résultat combiné d’architectures incroyables et hétéroclites, de reliefs dûs aux collines, et d’horizons. Je me sens déjà à la maison. Le housing reste un problème mais je continue à me battre avec Craigslist et j’ai droppé l’option voiture (le triplé permis+prixd’achat+assurance – il parait que je suis dans la pire catégorie en plus – me parait rédhibitoire) pour me rabattre sur un combo vélo/caltrain (le train régional embarque les vélos, certains bus aussi) pour les 3 jours/semaine que je vais passer à San Mateo. De toute façon les autoroutes qui surplombent l’Est de SF sont perpétuellement embouteillées.

Un point d’étonnement récurrent reste le nombre proprement hallucinant de freaks, marginaux, clochards et autres délaissés de la société américaine qui ponctuent calmement chaque rue, chaque poteau, chaque arrêt de bus. Je ne sais pas encore trop quoi en penser. Pas accaparants mais incontestablement les révélateurs d’une société impitoyable.

The Mission enfin, le quartier latino, est fascinant pour l’aspect split culturel. Aux alentours de 16th & Mission, on croise des têtes qui font penser à des repris de justice accouplés avec des pédophiles. Mais finalement rien de méchant ; du moins tant qu'on ne sort pas un Glock ou un cran d’arrêt.

Quelques photos pour terminer :

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