This is not Science Fiction
Par Simon le jeudi 28 février 2008, 14:49 - Personal - Lien permanent
Et me voilà à San Francisco.
Le vol - forcément éprouvant - démarre par une embardée effrayante au décollage à environ 100/200 mètres du sol, et fait hurler de terreur une bonne quinzaine de personne dans la cabine. Je me cramponne aveuglément à mes accoudoirs en pensant fort à San Francisco, cette ville que je ne verrai jamais.
Manifestement le raté d’un réacteur. Il parait que ça arrive. L'avion
continue son ascension. Je saigne du nez.

Les douze heures de vol se poursuivent agréablement en la compagnie de
Lee Johnson, missionnaire mormon de son état, de retour de 2
ans de prêche en terre gauloise et qui m’a très largement entrepris sur ma
foi, mes inside feelings et mes
true beliefs. Il a tenté à plusieurs reprises de me
convertir hic et nunc et alors que ces douzes heures
m’ont paru exceptionnellement longues, sa foi lui a permis de tenir toute la
durée du vol sans bouger une seule fois de son siège et
illuminait son visage d’un sourire radieux au plus fort des turbulences qui ont
précédé notre atterrissage. Le bienheureux.
Aéroport, un coup de BART, et me voilà à 16th Mission, au cœur du quartier latino de SF. Un choc sympa. La ville est très ensoleillée, je me balade un peu, m’installe dans un café, bois un $1 Coca + free Wifi pour relever mes emails et récupérer quelques adresses. Je fais 20 minutes de taxi pour rejoindre mon premier spot de Couchsurfing à Anza Street, un peu plus au nord. La ville est d’une beauté incroyable. Et les gens d’une gentillesse tout à fait surprenante, à plus forte raison pour quelqu’un fraîchement débarqué de Paris. Ça n’est donc pas un mythe. Les gens se parlent, me parlent, rigolent. Sont ravis de me prêter leur portable pour un appel (c’est même le vendeur de carte téléphoniques qui me le prête !). Plus tard j’irai m’équiper chez MetroPCS, un opérateur local illimité, pay as you go et contract-free à vous faire bien regretter de vivre sous la coupe d’Orange SFR et Bouygues.
J’arrive chez Allan, développeur d’origine Ukrainienne. Il a déménagé d’Atlanta à San Francisco il y a 6 mois pour devenir businessman. Il dirige Webmasters International et appelle ça du home-outsourcing, à savoir qu’il coordonne un 15aine de développeurs répartis un peu partout en Ukraine pour des clients californiens. Là il bosse sur un gros projet perso. Il est super fort et je dois faire des efforts pour suivre ce qu’il me raconte. Il me branche sur quelques networks sympas en émettant des petits rires nerveux. Sa petite amie au nom imprononçable parle un américano-ukrainien incompréhensible et s’occupe des finances de la société. Tout ça est réjouissant.
D'ailleurs de manière générale au sujet de la langue, j’ai pu observer
avec un grand intérêt que lorsque je fais des efforts notables pour prendre mon
plus bel accent anglais mes interlocuteurs ne pigent rien, mais en revanche,
quand je me force à parler en mâchouillant mes mots et en me pinçant le nez,
les gens me comprennent comme si leur mère venait de s'adresser à
eux.

Enfin Yvan, le coloc’ d’Allan, est un
nerdz d'une catégorie tout à fait exceptionnelle et inconnue
en Europe. D’origine Russe et diplômé de Computer Sciences il est rachitique,
inégalement barbu d’une manière qu’il ne m’avait jamais été donné l’opportunité
de voir, et code du Ruby on Rails 12h par jour. Il arrête vers 19h, joue à la
Xbox360 quelques minutes pour se détendre, mange un burger
sans les mains, fume un pétard d’herbe pure et va se coucher en poussant des
petits cris d’animal blessé.
Nous communiquons extrêmement difficilement mais il a l’air de bien m’aimer. Là il est 5 heures du matin dans le salon parfois éclairé par les éclairs des tramways qui passent, je ne dors pas à cause du jetlag et je viens de voir sa carcasse blanche et décharnée traverser silencieusement l’appart pour se rendre aux toilettes. Freaky !
Et je me mets à travailler, objectif housing, Social Security Number et driving licence.


Commentaires
Ah ah, en te lisant j'ai l'impression d'y être. Le jetlag en moins.
Que du bon.
Je crois en toi et comme tu me manques déjà, je vais écourter.
See you in Melbourne or else!
yo mec,
je suis en train de me remettre "à jour" sur tes histoires, ca a l'air d'etre l'aventure, j'adore la facon dont tu le raconte. c'est marrant. c'est vrai qu'on à l'impression d'y être. Mais j'ai pas encore compris ou tu bosse, je reste tuné.
bon courage mec.