Nous y voilà !

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Le bus est à 5h45.

Roissy à 7h20.

Le check-in à 8h.

Le vol à 10h12.

Une ligne droite vers San Francisco. Sans escales. 12 belles heures de vol et un landing sweet and mellow sur Frisco International Aiport, prévu à 12h. Le jour même.

Pratique.

Petit pincement.

Dans 2 heures je sors dîner. Je rassemble les derniers ultraproches pour un petit burger, histoire de commencer le training. Je rentre me coucher pour 5 petites heures, évidemment indormables. "De toute façon mon pauvre vieux tu vas te réveiller toutes les heures en flippant que ton réveil ne sonne pas". Merci Juliette.

Et puis le réveil. Et puis le départ.

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Ce week-end je suis allé faire une petite visite à mon irréductible tribu familiale campée dans l’Ile de Ré.

J’ai découvert pourquoi ce petit pincement. Enfin rien de grave hein, ça s’annonce comme un bon bain en Bretagne : elle est glacée, on a pas envie d’y aller, mais une fois dedans, elle est super bonne.

Entre 1990 et 1993 mes parents nous ont emmenés ma sœur et moi pour un tour du monde en bateau. 3 ans à naviguer. Des dizaines de pays et d'îles. J’ai réalisé bien plus tard l’incroyable de l’aventure. Pour moi pendant ces années-là, tout était parfaitement normal. Les plongées sous-marines. Les langoustes de 3 kilos tirées au harpon. Les quart de nuits au milieu des cargos. La pêche au thon au milieu de l’Atlantique. La pêche au requin au Venezuela à 4 heures du matin dans une pirogue. Démonter une mitraillette avec des miliciens dans une marina en Colombie. Revenir en France à l’âge de 10 ans. Et emmener sa machette à l’école. Parfaitement normal.

J’ai revu des films du voyage ce week-end. Admiré mes parents. 3 ans de voyage dans des pays finalement bien wilds. Sans assurance. Pas un problème. Pas un accident. Pendant que d’autres amis faisaient naufrage. 3 ans de bonheur. Fallait le faire, emmener ses deux enfants de 4 et 6 ans dans une aventure pareille.

Et destination finale : la Nouvelle-Zélande. Pour s’y installer.

Mais finalement non.

Si on est rentrés en 1993, je l’ai compris ce week-end, c’est parce que ma sœur et moi ne supportions plus de devoir à chaque fois quitter les amis que l’on se faisait à chaque escale. Trop dur pour nos petits cœurs de boaties blonds et bronzés. On mourrait d’envie d’être véritablement scolarisés. D’avoir des amis. De revoir nos grands-parents.

Aujourd’hui il y a un peu de ça. Une vague réminiscence de ces années. De ces moments de séparation. Quitter Paris et tous les amis que je m’y suis fait. C’est mon seul regret. Et encore le mot est bien mal choisi.

Le reste ? Bah…

Je rêve de San Francisco et de la Silicon Valley depuis bientôt 5 ans. Et j’y pars cette nuit à 5h. Le rêve, sérieusement le rêve. Enfin rêver cette nuit, j’aurais pas vraiment le temps. Demain soir je couchsurfe normalement chez un mec qui a l’air plutôt sympa. Je sais pas s‘il va répondre quand je vais l’appeler. Je vais sans doute commencer par arpenter San Francisco avec mes kilos de bagage et c’est vraiment pas très grave. Je commence Lundi. Le job est encore undisclosed. :p

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Je pars avec une petite pression aussi.

Dans ma tête deux citations.

Une belle, d’Arthur :

"Silicon Valley ?

The smartests and the brightests. All in the same place. Competing one against each other."

Et une peu plus cruelle (mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime), de Pascal :

"Ici, OK, t’es bon.

Enfin, tu te crois bon.

Mais t’es un bon parmi les mauvais. Va à San Francisco. Là tu sauras vraiment si t’es un bon."

Ahhhhhh !

Héééééééé !

Gooooooooooooooooooooooooooooooo !

Et au prochain billet, c’est assez agréable de se le dire, je serai déjà l’amorce du début d’un nouvel homme.

(Allez je poste…je sens que je regretterai cet emo-billet un jour mais bon, c’est aussi ça le charme du blogging :p)