Peut-on (mieux) contextualiser un objet virtuel ?
Par Simon le samedi 19 janvier 2008, 15:34 - Virtual Goods - Lien permanent
Le doute n'est plus permis ce matin en me logguant dans FB. C'est bien
l'anniversaire de mon pote Fisbein.
Et là - belle preuve de la théorie de la clôture informationnelle* - la question que je ne m'étais jamais posée et qui me saute à l'esprit est la suivante : dans quelle mesure - puisque c'est l'occasion rêvée de lui faire un cadeau - ne pourrait-il pas y avoir une meilleure cohérence entre les centres d'intérêt de mon pote et la merdouille rouge qui se tient dans l'encart un peu plus bas ? Voire même, avec mes propres centres d'intérêt ? (Puisqu'il est bien connu que faire un cadeau à quelqu'un induit pour grande partie consciente ou insconsciente de se faire un cadeau à soi etc, etc.).
C'est la minute Nostradamus ! Je pense que dans les années (mois ?) à venir, le merchandising des objets virtuels passera par une sémanticalisation de leur représentation qui permettra de mieux les contextualiser.
* La théorie de la Clôture Informationnelle.
Je me rends compte qu'il est bien difficile (15min de recherches)
de trouver une bonne définition du concept, d'où ce petit paragraphe. Pour
vulgariser, cela veut dire que l'on ne fait attention qu'à l'information qui
nous intéresse (ou plutôt qu'on est fermé à tout ce qui ne nous intéresse pas).
Les lignes suivantes (qui ne sont pas de moi, je les ai juste remises en forme
pour gommer un peu l'atroce jargon qu'emploient souvent les théoriciens de
l'InfoCom) sont assez intéressantes à lire. Via.
Qu'est-ce que l’information ? Le terme est polymorphe et désigne à la fois les nouvelles (news), les données (data) ou le savoir en général (knowledge). Il n’y a pas d’information en soi, mais une information sélectionnée, appropriée et réajustée à sa propre mesure par le sujet.
Nous nous montrons sensibles aux seuls signaux que filtre notre clôture informationnelle ; et cette clôture dépend étroitement de l’état de notre organisme et de nos aptitudes cognitives, qui engendrent un monde propre fortement cloisonné.
Concept crucial, la clôture informationnelle pose le fondement d’une communication de la réception. L’information se constitue lorsqu’elle est perçue et non lorsqu’elle est émise.
À partir de là les critères d’homogénéité et d’hétérogénéité vont déterminer l’acceptation du message.
Une information trop inédite, trop étrangère à ce que le sujet sait, croit ou éprouve déja, risque d’être réfoulée, refusée. Tandis qu’une information trop redondante risque d’être ignorée car n’apportant rien de nouveau. La "bonne" information se situe dans l’entre-deux. D’où la définition réelle que Bougnoux reprend de Shannon : "on peut définir l’information par la réduction d’incertitude qu’apporte un message."
Daniel Bougnoux « L’Information contre la Communication »
