Sur les Objets Virtuels... E-business. Design. Ideas.

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mardi 1 avril 2008

EA Games : it's not ALL in the game

Les FPS (First Person Shooter) sont un type de jeu très assez mal adapté aux objets virtuels. Ces gameplays sans temps morts avec de faibles d'interaction entre joueurs offrent peu de prise à des phénomènes d'offre et de demande et/ou à des préoccupations d'ordre statutaire. C'est pourquoi les génies du marketing de chez Electronic Arts (d'ailleurs c'est assez marrant parce que les bureau de Creativefeed à SF sont embedded dans ceux de HEAT, une agence design qui travaille pour EA, donc je passe mes journées au milieu de logos et sketchs brandés EA etc...bref.) n'y vont pas avec des pincettes pour refourguer leurs bonus payants au sein du dernier Battlefield dont je parlais ici. Du coup j'ai bien l'impression qu'ils se font déchirer dans cette vidéo :

blabla descriptif

Via

lundi 25 février 2008

Graphique sur l'ascension des modèles Free-to-Play et du modèle économique associé : les objets virtuels

graphique_revolution.png

J'ai fait ce petit graphique rapidement, pris d'inspiration, et le poste ici. Je le modifierai sans doute dans le futur. Je suis assez fasciné par la révolution silencieuse qui s'opère en ce moment et qui voit toutes les formes de jeux, des jeux vidéo graphiques old-school façon FPS, STR ou car-race, jusqu'aux social games les plus simples (text-based) aux plus évolués (client-based) tous converger lentement mais surement dans notre navigateur sous les effets conjugués de l'augmentation de la bande passante disponible, de l'adaptation des standards graphiques aux standards du Web, de l'intérêt que les éditeurs témoignent au Web social et ses des plateformes associées mais aussi des modes de distribution online, des modèles Free-to-Play et de leur modèle économique associé : les objets virtuels, spécialement conçu pour permettre une adoption massive d'un jeu, tout en adressant une cible (très) jeune, bien plus à l'aise avec les micro-paiements qu'avec la CB et les abonnements fixes.

Je reviendrai sur tout ça. Ça sera même je pense, la pierre angulaire de mon introduction !

dimanche 24 février 2008

Manipuler des objets virtuels par la pensée !

La science-fiction nous rattrape !

casque_pensee.png
Présenté à la Game Developpers Conference 08 qui se tenait à San Francisco cette semaine (c'est là où je regrette bien le retard que j'ai pris puisque si j'étais arrivé le 11 comme prévu j'aurais peut-être pu y faire un saut...!), voici le premier casque capable d'interpréter l'activité du cerveau à des fins de gameplay. Nous vivons une époque formidable.

Emotiv Systems.

mercredi 20 février 2008

La fraude...

fraude_objets_virtuels.png

Reçu ce matin, un de email de service d'Ars-Regendi (sorte de concurrent moche moins abouti mais pré-existant d'Erepublik) :

Dear pl4tine,

We found out, that some users created multiple accounts for getting Premium status. We set those users back to Basic and deleted their second state. Next time we will delete all interrelated accounts without warning. Additionally, in near future all accounts will be deleted, who found no state at all or played only for a couple of days.

In the change to the next quarter we are going to insert an improved version of the matrix (the formula system). We tested it extensively and it brings better and more realistic results than the old matrix. Some states will die then, due to corrections in the new matrix - that means, those states could only survive until now, because there were small mistakes in the old matrix.

Have fun, the team from www.ars-regendi.com

Bref une sombre histoire de multi-comptes créés à fin d'augmenter ses stats et/ou de farmer la monnaie du jeu et/ou de frauder via des échanges d'objets qui oblige le site à communiquer sur ses failles (tout en prévenant au passage les éventuels fraudeurs, qu'ils veillent...).

L'occasion pour moi de partager avec vous quelques requêtes par lesquelles des internautes arrivent sur mon blog... plutôt intéressant vu que j'attire autant des requêtes sérieuses que des requêtes de petits fraudeurs d'objets et monnaies virtuelles :

code_transaction_habbo.png

echange_objet_habbo.png

gold_erepublik.png

se_styler_stardoll.png

J'avoue que le "se stylé sans payer sur stardoll" m'a vraiment fait rire quand j'ai commencé à essayer d'imaginer le visage de celle ou celui qui avait bien pu taper ça. =)

sulake_claim_youtube.png
En terme de fraude sur sa plateforme, Habbo est un concurrent hors-norme. Le nombre de posts, forums et sites sur le sujet sont légions (500 000 résultats sur "hack habbo"), YouTube regorge de vidéos qui expliquent plus ou moins comment frauder (beaucoup sont très vite retirées), et surtout le monde virtuel de Sulake a été le théâtre de certaines escroqueries assez spectaculaires du genre Un jeune hollandais de 17 ans accusé d’avoir volé pour 4000 euros d'objets virtuels dans Habbo Hotel qui d'ailleurs expliquait que l'unique façon d'être un voleur dans Habbo est de récupérer les identifiants d'un utilisateur pour lui dérober ses affaires tellement les systèmes de sécurité de Habbo sont bien rôdés et efficace.

"vous devez tout "sérialiser" de manière à pouvoir retracer le parcours de la moindre pièce ou le moindre objet, depuis le moment de leur mise en circulation dans le jeu." Raph Koster de Areae

Au final je suppose que la problématique, est de ménager suffisamment de liberté à ses utilisateurs (qui sinon vous le réclameront sans cesse à partir du moment ou la narration/les objets auront pris de la valeur pour eux) sans s'ouvrir de trop grosses failles de sécurité...

(Je cherchais une image sympa et explicite pour illustrer cet article.... je suppose que celle-ci est un peu forte...).

Edit. Voilà ce qui vient d'arriver aujourd'hui ^^

objet_virtuel_habbo.png

mardi 12 février 2008

Objets Virtuels : des chiffres !

Toujours en rapport avec les notes d'Adrian Crook au VGSummit 2007.

chiffres_objets_virtuels.png

Pour continuer sur le débrief des notes du VGSummit et les objets virtuels : quelques chiffres !

Et celui qui revient de manière récurrente c’est 5%. C’est le taux de conversion moyen constaté - surtout sur des applications ludiques/socialesdans des processus d’achat d’objets virtuels.

C’est toujours aussi intéressant que cette théorie qui expliquait que dans les communautés user generated content-based 1% des utilisateurs contribuaient extrêmement activement et 4% moyennement activement, ce qui était suffisant pour faire fonctionner l’ensemble avec 95% d’utilisateurs passifs et profiteurs. Bref des chiffres plus réalistes qui faisaient retomber l’euphorie des hamsters joviaux UGC-fanatiques du tout-communautaire des débuts du Web 2.0. Un chiffre qui montre donc que même sur des applications parvenues à des masses critiques suffisantes pour que les effets de volumes valident les statistiques, une toute petite minorité des utilisateurs consomment des objets virtuels.

Est-ce que ce sont des chiffres absolus ou existe-t-il une long tail des objets virtuels ? Ca il faudrait entrer dans le back-office de Habbo pour le dire ! Mais en tout cas un 5% qui peut-être augmenté, comme on l'a vu ici - d'ailleurs c'est un peu la finalité de ce blog et de mon essai que de lister et/ou déterminer ces possibilités.

Note : est-il tout à fait pertinent de parler de taux de conversion pour les objets virtuels ? Dans l'absolu pas vraiment même si la formule reste significative.

Dans cette lignée il y a aussi cette théorie, tirée du panel Nexon.net au VGSUmmit 2007, qui considère que 95% des utilisateurs qui ne passent pas à l’acte d’achat peuvent être valorisés comme du contenu de haute qualité pour les 5% qui achètent. C’est une théorie vraiment intéressante mais qui reste à bien des égards une sorte d’abstraction mentale puisqu’il est plus intéressant d’essayer de réduire ces 95% plutôt que de les valoriser virtuellement, non ?

Référents :
Habbo : De 5 à 15% des utilisateurs passent à l’acte d’achat.
Dans Meez, 25% des utilisateurs achètent des devises, 75% les gagnent in-game.
Aussi mon billet sur Battlefield 2 :
Ben Cousins de DICE (le studio qui développe BF pour EA) déclare que 95% des joueurs n'achèteront pas, mais, rajoute Gerhard Florin, la minorité de joueurs qui consommera dépensera de $15 à $20/mensuel.

Bref 5%, ça semble le chiffre à garder en tête pour les objets virtuels, comme 1% pour le CTR, 15% pour l’ouverture de mail et 5% pour le click in-mail, etc. Grosso-modo hein, tout dépend du contexte, juste des chiffres virtuels qui flottent dans votre tête comme des référents moyens.

fille_objets_virtuels.png

Consommateur d’objets virtuels, quel est ton profil ?

Gopets : ARPU max réalisé sur le segment des femmes de 30 ans et plus.
Nexon : 50% des utilisateurs ont entre 13 et 24 ans.
Habbo : 70% des utilisateurs ont entre 13 et 16 ans.
Gaia Online : 13-24 ans.
Kongregate a 650k VU/M, majoritairement des jeunes, masculins.
L’audience de K2 est de 25-35 ans, composée de hardcore gamers.

Bref ça ne change pas, visez les jeunes, visez les femmes.

arpu_objets_virtuels.png

Ratios objets virtuels/CA total :

Nexon.net : 85%
Tencent.com : 65%

Ce qui prouve bien l'efficacité des modèles mixtes, Hot Or Not en est le parfait exemple qui génère 40% de ses revenus en fleurs virtuelles et 60% en publicité, ou dans une moindre mesure Facebook qui tire $15M de ses $150/200M (les chiffres diffèrent de sources en sources) 2007 de ses objets virtuels (d'ailleurs ils pourraient faire tellement mieux à mon avis ...).

HorOrNot qui vient de se vendre manifestement hier. Ca me rappelle d'ailleurs cette anecdote fin mai 2007 quand était paru cette article sur Techcrunch et où l'on s'était dit avec un copain dans notre totale ingénuité "tiens pas bête ce concept, si on faisait le mee-too européen ?" et deux jours plus tard au moins 5 différents, manifestement en développement depuis assez longtemps, se lançaient, out of stealth mode du fait de l'attention créée par Techcrunch !

ARPUs

Neopets : Le panier moyen est de $15-10 pour une tenue complète.
L’ARPU moyen de Habbo est de $15.
Puzzle Pirates génère $100 par vie d’utilisateur.

vendredi 8 février 2008

Objets virtuels : sur les mécanismes de double de devises

Si vous envisagez de lancer une application dont le business model repose de près ou de loin sur les objets virtuels, l’article de Matt Mihaly - traduit plus bas - est un must-read.

hsbc.png
Matt Mihaly est un pionnier des objets virtuels - en guest blogger avant-hier sur le blog de Light Speed Venture pour cet article. Matt a fondé et dirigé Iron Realms Entertainment de 1996 à aujourd’hui. Son premier titre, Achaea, Dreams of Divine Lands a connu 10 années de croissance consécutive et a permis de donner naissance à Sparkplay Media en 2007. Cette seconde société se concentre sur le développement de MMOs et de Social Games et son premier titre prévu - Earth Eternal - est actuellement en développement. Matt cumule les postes de CEO et de Directeur Artistique de la société.

(…)

"Jeremy m’a demandé de parler un peu des modèles économiques basés sur les objets virtuels. Comment faire fonctionner ces modèles et quelles sont les best-pratices à appliquer au moment de les implémenter. Il y aurait de nombreuses problématiques à considérer : depuis faire fonctionner les systèmes de micro-transactions à se protéger des fraudes en passant par mettre en ventes des items procurant des avantages in-game sans léser l’immense majorité de vos joueurs non-payants, etc.

Aujourd’hui, je vais me concentrer sur un point critique : comment libérer la demande latente dans votre base d’utilisateur non-payants.

Dans un modèle économique basé sur de la publicité ou sur de l’inscription, 100% des utilisateurs qui utilisent votre service génèrent de la valeur - à certaines exceptions mineures comme les trial periods par exemple. Ce constat simple procure à tout éditeur de service un certain confort, en partant du principe que ses dépenses en bande passante ne vont pas être engagées sans contrepartie immédiate et globale, quand bien même est-elle au départ inférieure aux dépenses.

A propos d’applications dont le modèle économique est basé sur la vente d’objets virtuels il m’est arrivé de voir des entrepreneurs parmi les plus endurcis tourner les talons face à la perspective de centaines de milliers - si ce n’est millions - d’utilisateurs ne générant dans l’absolu par le moindre centime de revenu, tout en utilisant le service. Notamment donc, parce que sans la moindre contrepartie même faible, les coûts d’exploitation montent en flèche à des hauteurs effrayantes.

erternalearth.png
A cet égard, deux points sont à considérer :

1. Si vous avez réussi à créer une narration suffisamment engageante, vous serez rémunéré. C'est-à-dire que si vous avez beaucoup d’utilisateurs c’est parce qu’ils font forcément cas de ce que vous avez créé. S’il ils font cas de ce que vous avez créé, une certaine proportion d’entre eux vous achètera des objets virtuels. (Ndt : estimable à +/- 5% voir plus bas).

2. Même s’il est vrai que les utilisateurs qui n’achètent pas d’objets ne vous génèrent aucun revenu il y a assurément parmi ces utilisateurs une demande latente de passer à l’acte d’achat. Toute la difficulté est d’arriver à décoincer cette demande en permettant à vos utilisateurs - demandeurs mais encore réticents - de consommer. Comment ? En mettant en place un système monétaire interne fondé sur deux devises différentes.

Petit flash-back. En 1998, ma première société, Iron Realms Entertainment, est pionnière dans le domaine des objets virtuels et retire 100% de ses bénéfices de la vente de Crédits utilisés par les utilisateurs pour acquérir de nouvelles capacités et de nouveau items in-game (Iron Realms développe des MMOs de niches appelés MUDs // ndt : Multi User Dugeon – définition ici).

Ces Crédits (ainsi que les objets acquis avec ces Crédits) n’étaient pas transférables à d’autres utilisateurs ce qui nous assurait que si quelqu’un en voulait, le seul moyen pour lui de s’en procurer était à travers nous, en les achetant ou en les gagnant in-game.

Le résultat était que si vous ne vouliez pas/ou n’étiez pas disposés à payer, vous vous retrouviez forcément bloqué à un certain point du jeu. Mais au-delà d’un certain seuil, les joueurs non-payants ne pouvaient plus augmenter leurs skills (mot couramment utilisé pour désigner une capacité de son personnage) et donc demeuraient systématiquement des citoyens de seconde classe de nos univers, entraînant une large insatisfaction parmi ces derniers, notamment parce qu’elle était le résultat d’un manque de moyens de leur part et non pas d’une raison liée à la narration en elle-même.

Au même moment, et pendant que les utilisateurs non-payants se plaignaient de ne plus pouvoir progresser (à cause des Crédits qu’ils ne pouvaient pas se procurer), certains de nos utilisateurs qui eux étaient disposés à payer - et payaient - se sont mis à nous demander de leur vendre aussi de l’Or, qui était la devise interne au jeu qu’on pouvait se procurer uniquement en complétant des quêtes, tuant des monstres, etc.

Dans un premier temps, nous avons fermement refusé notamment parce que nous ne voulions pas introduire la notion de taux de change dans le jeu et que nous nous méfiions de la coulée incontrôlable qu’aurait généré une telle source (causant notamment d’ingérables problèmes d’inflation). Le tout nous procurant donc de légères angoisses…

A court terme nous aurions certainement rempli les caisses assez rapidement en commençant à vendre de l’Or à nos utilisateurs mais sur le long terme, c’était proprement menacer l’équilibre et la survie du jeu.

Puis, cela m’est apparu en 1999. Tout le monde pouvait en fait obtenir ce qu’il voulait par un moyen simple qui était de permettre de transformer les Crédits en une devise qui était tout d’un coup échangeable pour une autre à savoir l’Or.

Tout le monde y gagnait.

1° Les utilisateurs payants donnaient à Iron Realm ce qu’Iron Realm voulait à savoir : ses bénéfices.

2° Les utilisateurs payants pouvaient revendre leurs Crédits (achetés) à des utilisateurs non-payants contre de l’Or, donnant aux deux catégories de joueurs ce qu’ils voulaient. (L’essence même d’un capitalisme sain, non ?!)

Basiquement ce que nous avons fait a été d’autoriser les membres non-payants à vendre le produit de leur temps passé in-game à compléter des tâches et des missions, à des utilisateurs payants, mais uniquement au travers d’une devise qui devait nous être achetée au préalable par ces derniers.

Et tout d’un coup, le teenager moyen qui disposait de beaucoup de temps mais de peu d’argent pouvait obtenir exactement la même chose que les utilisateurs payants, et inversement, un adulte actif avec un salaire mais peu de temps disponible pour jouer pouvait facilement obtenir les grandes quantités d’Or qui lui était nécessaire pour avancer dans le jeu, sans avoir à y passer des heures entières à les gagner. (Bien sur il fallait quand même pour ces derniers passer un certain temps dans le jeu pour achever certaines quêtes spécifiques – il fallait préserver une dose d’engagement minimum des deux cotés) Mais au final, tout le monde y gagnait.

Le résultat de ce genre de système - en plus de réduire le coefficient de frictions d’un univers - est de déverrouiller la demande latente parmi vos utilisateurs non-payants. Ils ne vous payent pas directement mais ils sont à la source d’une proportion saine d’achats de devises effectuées par vos utilisateurs payants.

double_devise.png
Voici pour finir quelques tips supplémentaires pour implémenter un système de double devise :

- Comme dit plus haut, tâchez de réduire un maximum le coefficient de frictions inhérent aux échanges de devises. Créez un système permettant de mettre en place des échanges simples et anonymisés (ndt : par le biais d’une mini place de marché par exemple).

- Assurez-vous qu’il y ait des items extrêmement désirables à acquérir avec les deux devises. Le système fonctionne si les utilisateurs ont in fine un intérêt à posséder autant des deux devises. Gardez également un œil sur le taux de change. S’il penche trop d’un coté ou de l’autre vous devrez renforcer vous-même la valeur de la devise qui a chuté.

- Tenez le marché au courant du taux de change. Les utilisateurs non-payants ont toujours l’impression que les Crédits coûtent trop cher en Or. Si vous devez agit sur le taux dans un sens ou un autre, introduisez dans le jeu un item de valeur mis en vente dans la devise flanchante. Ne faites pas l’erreur de vous contenter d’agir mécaniquement sur le taux de change, dans le but de rendre heureux – toujours temporairement – vos utilisateurs non-payants car cela reviendrait à aller chercher l’argent directement dans la poche de vos utilisateurs payants et de flouer ces derniers qui sont - s’il fallait le rappeler - plus fortement valorisables que vos utilisateurs non-payants.

Si cette erreur vous menace c’est parce que numériquement, les utilisateurs non-payants seront énormément plus à se manifester pour obtenir des Crédits moins chers – et cela se traduit par des posts sur les forums, des email de plainte, des commentaires sur les blogs qui représentent une pression indéniable pour tout éditeur. Si d’aventure une telle situation vous échoyait (Ndt : troisième personne du singulier de l’imparfait du verbe échoir. Forme archaïque. Je gagne 10 points en plaçant ce mot et m’accorde un bonus supplémentaire de 5 points pour la performance en contexte de traduction), soyez fort et remettez-vous en à la canonique main invisible." Matt Mihaly

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A partir de cet article, quelques réflexions :

Tout d’abord le début de l’article est à mettre en regard du taux de conversion moyen 5% que j’ai pu constater un peu partout (les 25% atteints par Puzzle Pirates reposent certainement sur un mécanisme de double devise – effectivement) et il est vrai que sur un plan théorique et notamment pour un business plan, ça être un peu étouffant de faire ses projections avec un chiffre si bas – d’où de nombreux modèles mixtes et la volonté affichée de tous les grands univers virtuels - notamment d’Asie- de trouver de nouvelle sources de revenus (product placement & Co.)

Deuxièmement cet article me fait forcément penser aux (tristement ?) célèbres gold farmers chinois. L’équation que Matt décrit : Beaucoup de Temps/Peu d’Argent versus Peu de Temps/De l’argent est superbement illustré par le contraste entre les joueurs américains riches de World of Warcraft, disposés à acheter l’Or qu’ils n’ont pas le temps de gagner in-game et des ces joueurs chinois, employés à remplir des quêtes à longueur de journée pour en récupérer l’Or et le revendre.

A un niveau différent enfin, cette théorie montre l’importance d’un positionnement et d’une narration suffisamment larges en cible comme en âge, pour permettre à des profils économiquement complémentaires (des Jeunes versus des Actifs en gros) de cohabiter et de s’apporter mutuellement les ressources que chacun désire acquérir.

mercredi 6 février 2008

Marc Simoncini : des objets virtuels dans Peexme + détails sur Neu.de

Je reviens à l'instant d’une mini-conférence avec Marc Simoncini qui se tenait dans les locaux du CELSA cette après-midi (un grand merci à l'équipe du CELSA pour avoir organisé ce rendez-vous).

Une super occasion de lui poser des questions - en français en plus - et devant une assistance vraiment petite qui m’a permis de pas mal l’interpeller, lui que je rate systématiquement aux conférences auxquelles je vais et où il est programmé - et notamment à Leweb3 2007 où il s’était désisté du panel Dating, pour cause d’acquisition à Londres si mon souvenir est bon.

marc.png
Un Marc Simoncini égal à lui-même, dynamique et charmeur, sur la défensive-offensive dès qu’on touche aux sujets qui fâchent comme "est-ce que Facebook est un concurrent ?" ou encore les membres payés de Unerencontre.com et la charte des étudiants de Datingwatch.org qui ont été évoquées par l’assistance (en même temps vu qu’on doit lui poser systématiquement ces questions quand il parle en public, je comprends qu’à la longue ça doit salement l'énerver !).

Ecole de communication oblige beaucoup de bullshit en questions comme en réponses sur des histoires de stratégie de marque, de planning stratégique etc. mais j’ai heureusement pu lui poser quelques questions (un maximum même puisque les conditions étaient vraiment agréables – a capella – 50 personnes dans la salle – moi au 3ème rang) un peu plus orientées business et notamment sur Peexme.com (ils pourraient se payer une home temporaire quand même^^) le site de quick matchmaking de Meetic pour la cible 18-25 qui est encore en fine tunings de pré-release (cette phrase étant très largement sponsorisée par Jean-Claude Vandamme) – et qui donc confirme que face à Facebook, Bahu etc. le projet n’est pas abandonné (une rumeur qui m'était parvenue).

(Je suis d'ailleurs de très près ce projet et leur avais même envoyé un CV en octobre pour faire partie de l'équipe de launch via Raphael Gilmas, et n'avais jamais reçu de réponse).

A mon grand regret il me demande de ne pas filmer mais c’est certainement un bien pour un mal puisque le débat en était d'autant plus libre et décontracté.

Le premier point important donc, Peexme ne sera pas comme HotOrNot ou Yesnomayb - deux exemples que j’évoque en question - mais sera un concept reposant sur des photos à cliquer/voter et à ma question "Est ce- que ça sera du quick matchmaking ?" il répond oui. (Je vous laisse vous faire votre propre opinion entre le début et la fin du paragraphe).

Deuxième élément important qui évidemment m’intéressait au plus haut point, à la question "Par rapport à un HotOrNot qui génère 40% de son CA via la vente d’objets virtuels est-ce que vous envisagez un business model de la sorte sur Meetic ou d’autres sites que vous éditez ?" il répond "Oui, il y aura des virtual gifts sur Peexme" et de citer en exemple Cyworld.com qui ferait selon lui "$130000k par ans en objets virtuels échangés par les utilisateurs".

Toujours selon lui Meetic vient d’acquérir un site de dating Allemand - (manifestement Neu.de à lire ici sur Zonebourse - rien sur Techcrunch mais que fait la police Ouriel Ohayon ?!) qu’il aurait payé €25000k à un prix moyen de 1000€/user, ce qui est effectivement beaucoup - pour un site donc de 25k membres - mais qui se justifie par le fait que la marque serait connue de 43% des Allemands. Equation optimale selon lui : notoriété de marque + SEO payant pour continuer à ressortir 1er dans Google dans les années à venir. Constat avec lequel je ne peux qu’agréer.

Enfin pas mal de conseils du genre Lancez-vous, montez votre boîte, vous vous casserez la gueule mais c’est pas grave, vous apprendrez avec lesquels… je suis globalement d’accord ! ;) Tout le reste, Meetic, sa success story, son portrait d'entrepreneur est déjà accessible sur le net, comme par exemple dans cette excellente interview de Jérôme Bouteiller à lire ici sur Neteco.

J’ai hâte de voir la tête qu'aura Peexme en tout cas !

dimanche 3 février 2008

Game Layers : Micro Entertainment Asynchrone Browser Based !

Vu sur TC : Games Layers Inc prépare un jeu qu'ils appellent PMOG : Passively Multiplayer Online Game, sorte de quête browser-based entre sites thématiques et favoris qui se présente sous la forme d'un add-on Firefox.

PMOG_1.png
Design plutôt léché, gameplay asychrone et browser-based, social et MMO : this is Micro-Entertainment !

PMOG_2.png
Je vais essayer d'avoir une invite!

PMOG_3.png
L'article entier.

Site de Games Layers.

S'inscrire à la beta.

samedi 2 février 2008

Les "Virtual Ebooks" de Wowio : un modèle économique du tonnerre...

...et vraiment très très intéressant !

Je suis - je dois bien le reconnaître - assez intéressé par les mises en situation virtuelles. Mises en situation et pas univers ou mondes virtuels justement, parceque ceux-ci m'intéressent un peu moins. Second Life par exemple. Indéniablement digne d'intérêt mais par trop extrême. La tentive est totale, de recréer la life virtuelle et je trouve les rapports avec le réel - riches certes - mais finalement peu intéressant à analyser. Je préfère les entremêlements avec des services et des interfaces web plus ancrés dans la réalité.

Wowio par exemple.

Wowio est un service qui propose des livres en téléchargement gratuit. A mon - notre - grand malheur le service n'est pas disponible en dehors des USA pour le moment.

L'interface - jusqu'au téléchargement donc - est plutôt simple et claire, le sign-up est intelligent puisqu'on peut commencer à ajouter des livres à sa queue de téléchargement sans s'être encore inscrit. Le catalogue est encore confidentiel mais devrait s'élargir - je suppose/espère.

Quel rapport avec les objets virtuels alors ?

wowio.png

J'ai appris par le Twitter de Gerry Manacsa - Senior Designer de la société - que Wowio venaît juste de releaser une fonctionnalité de don de livres Gift an Ebook qui permet d'offrir un livre - un bien gratuit - en le personnalisant et en l'envoyant à un proche, pour un prix modeste de $3/4.

giftwowio.png

Je trouve ce business model juste génial.

Les livre sont donc distribués gratuitements, et toute la création de valeur repose 1°/ sur le fait d'offrir quelque chose qui a une valeur intrinsèque indéniable : un livre. Mais aussi et surtout 2°/ sur l'acte du don, par le biais de l'attention induite par la personnalisation du cadeau.

C'est en fait la superposition d'un service culturel gratuit avec un service de cadeau personalisés. L'objet de la transmission étant finalement un "virtual gift" tangible et porteur d'émotion.

Globalement, les cadeaux virtuels de Wowio illustrent ma conviction profonde : que des modèles économiques fondés sur des objets virtuels vont s'étendre de plus en plus à des services originellement assez éloignés de la notion de virtualité. Et qu'en plus, ils vont venir, sur des services de qualité comme Wowio, venir remplacer la publicité trop moche et peu qualitative - les livres de Wowio pourraient être truffés de publicités... cela dit ils le sont peut-être (gloups!) je n'ai pas été autorisé à en télécharger.

Pour cause de voyage imminent je ne vais pas tarder à essayer un site qui serait à mon avis parfaitement adapté à un tel service d'objets virtuels, le fameux Couchsurfing.com et je ferai certainement un billet dessus.

vendredi 1 février 2008

Valoriser les objets virtuels par leur contrepartie physique

Un billet sur une autre de mes intuitions, toujours en débriefing des notes d'Adrian Crook au VGSummit.

Poser sur le même plan les objets virtuels et leur contrepartie physique permet de valoriser les virtuels, d’aider à gommer la différence psychologique entre les deux et du coup de donner une consistance nouvelle aux premiers.

Je m’appuie sur une mini théorie dont je ne dois pas avoir la primeur loin de là, mais comme il n’existe justement pas de ressource identifiée et fiable sur le sujet mais uniquement des idées & théories éparses sur le Web, j’ai accepté depuis longtemps de réinventer la roue à chaque article. Ca n’est d’ailleurs pas une sensation très agréable mais bon.

Bref je m’appuie sur l’idée que créer un avatar semble déjà plus normal que d’acheter un objet virtuel. En effet, un avatar possède déjà sa contrepartie physique : soi . Il y a évidemment d'autres mécanismes mais je ne retiens que cet aspect de niveau assez basique qui consiste à dire : lui c'est moi, je suis son référent physique, je me projette plus ou moins dans lui et il a de la valeur car il me représente.

owner_avatar.jpg

Equiper son avatar d’objets revient donc à s’équiper à travers son avatar. Il y a là un double saut : Soi vers Avatar vers Objet. Mais ce saut peut être atténué si la contrepartie physique de l’objet existe. On a du coup : Soi vers Avatar / Objet virtuel vers Objet physique (une sorte de chemin en U en fait).

Avoir en creux l'existence d'une contrepartie physique voire même, le simple fait de sa possibilité, valorise le virtuel. Exemple : sur la home ou dans les pages d'un site X (ou d'un site Y ou Z, allons allons..)... il suffit de dire "Possiblité d'acquérir physiquement vos objets" : déjà l'évocation de cette possibilité crée de la valeur et déclenche tout un univers de crédibilisation des objets, du site, voire aussi du sérieux de ses éditeurs "ah, il y a du physique derrière". Ensuite développer l'offre commerciale qui va avec est une histoire de logistique.

Référent : Entropia vous permet d’acheter l’objet physique représentant son objet virtuel.

Dans cette logique une étape intéressante d'upselling par la customisation serait de proposer aux utilisateurs de payer pour accéder à la customisation de leurs objets virtuels comme c’est le cas par exemple en version physique chez Spreadshirt qui facture un $16 de base pour le tee-shirt et un $X variable en fonction de la « lourdeur » de la customisation apportée.

figure_prints.png
Du coup une autre étape intéressante serait de pouvoir proposer à ses utilisateurs de commander une version physique de leurs objets virtuels, customisés ou pas. Comme sur Figureprints d’ailleurs, dont le site est toujours down je crois, à cause du nombre de demandes.

Ou comme si Hot or Not proposait un bunddle à $35 pour l’achat d’une rose virtuelle + de l’envoi d’une rose physique au domicile de l’heureuse élue.

imprimante3D.png

D’ailleurs pour revenir sur Figureprints.com, je me demandais dans quelle mesure l'arrivée des imprimantes 3D n'allait pas ouvrir des perspectives intéressantes à toute une nouvelle génération de petits e-commerçants/artisans - souvent designers - ayant emprunté pour acquérir leur outil de production et faisant valoir leur talent (modélisation 3D / éventuellement peinture et colorisation)... Une sorte de retour à d'anciens modèles d'artisanat avec un progrès des moyens.

Un peu ce que Patrice Cassard est en train de nous préparer à un niveau que j’imagine bien entre l’artisanat (pour le demi à la débauche) et la start-up (pour le financement et le sérieux).

Bref toute une long tail d'artisans du web accolés à l'industrie des objets virtuels et du design, et dont la valeur résiderait dans le talent manuel !

Référent : Craig Sherman (Gaia Online) rapporte l’histoire d’une personne rencontrée sur leur stand à un salon, qui avait acheté le chapeau OMG (originellement créé dans Gaïa Online) et qui se disait heureux d’avoir pu acheter le chapeau réel car il avait raté le virtuel in-game (pour cause de série limitée).

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