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mardi 15 juillet 2008

Les Raies


Losanges noirs au pied de mon bateau plaqués contre la chaleur de la coque ou bien remontant le courant au plus près des berges là où la vase chauffe l'eau de la baie on les voit quand l'eau est calme nager avec élégance le long des pontons. En tendant le bras on pourrait les toucher. Ça ne sont que des raies, mais elles me fascinent.

raies_houseboat.png

vendredi 4 juillet 2008

La mémoire dans un pot


blabla descriptif

J'ai retrouvé la Pub pour Bud - faites le jeu des 7 erreurs avec ce que je vous ai raconté et constatez une fois de plus à quel point la mémoire est joueuse. Vive les disques durs.

La société de l'insight


La communication de la société américaine est celle de l’insight.

L’insight, dans le jargon des pubeurs, c’est un procédé conceptuel – à vrai dire mon préféré et battant de loin l’aspirationnel bullshit ; et vice versa – visant à réutiliser un scénario de vie particulièrement parlant, réel ou fictionnel, en tout cas probable, et dont chacun peut se dire « aahhh mais oui, je vois très bien ce moment-là ! ».

Exemple. Une pub pour hmmm... Budweiser, si ma mémoire est bonne. Elle traîne son julot à l’Opéra – l’insight arrive assez tôt dans cet exemple – et ça l’emmerde profondément – le voilà : il s’adresse à tous ceux d’entre nous dont la nana a tenté une fois au moins de les traîner dans « un truc culturel chiant » - canoniquement, l’opéra. Désolé pour les inconditionnels. Tandis que les rideaux se lèvent le godelureau, qui n’en voit déjà plus la fin, extirpe subrepticement de sa poche intérieure une Bud bien fraîche, encore perlante, en arborant un sourire de satisfaction débile (il est dans une pub américaine), mais, las, la cantatrice est déjà sur scène dont la première gamme si stridente (la la, si si, ce sont des allitérations pour maternelle) fait voler le verre en éclats sur le pull-over du julot dépité. Un rang devant lui, deux branlotins du même acabit entourés chacun, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, par leurs call-girl respectives, se retournent simultanément dans un sourire bright en exhibant à la main... une Bud en canette métallique. Budweiser, now in can, ou un truc du genre.

Tout ça pour en revenir à la société américaine – vaste sujet. Leurs pubs (du 40 x 30 rétro-éclairé aux panonceau du homeless qui vous dit « why lie ? I need beer ») sont formidablement truffées d’insights, rapides, précis, qui sont le meilleur moyen de toucher précisément un segment de population spécifique dans un pays qui appelle les noirs des afro-américains et les blancs des caucasiens sur ses bulletins d'abonnement – eh, un procès est si vite arrivé – et vous demande le nom de votre tribu sur vos papier d’immigrations. Au cas ou.

Par quoi m’est venu ce billet ? Par ces petits tags, que je trouvais ridicules, au pied des trottoirs et qui indiquent la direction dans laquelle regarder pour ne pas se faire écraser par un chauffard de mauvaise Hummer (ha ha), ils disent, « Look », agrémentés d’une paire d’yeux pictogrammés utilisant les deux « O » du lOOk, pointant dans la direction dans laquelle opiner, et qui ressemblent à une caricature d’un Pluto scalpé et raboté du menton – en fait, l’insight est que le regard de l’être humain regarde spontanément dans la direction dans laquelle regarde un autre être humain, enfin, une paire d’yeux. C'est assez fort en fait, enfin, à bien y réfléchir - prenez votre temps, ça m'en a pris aussi. Et, sur le bitume dégueulasse des rues crasseuses de San Francisco, en cette fin de journée, je dirais presque que ça m’a épargné le capot du Hummer.

mardi 1 juillet 2008

La Gay Pride de San Francisco


Un billet qui ne va pas faire plaisir à Jeremie Berrebi mais dimanche à San Francisco c’était Gay Pride. Et le moins qu’on puisse dire c'est que c’était quelque chose.

sf_pride_reine.jpg
La ville bloquée, je prends le MUNI. Passage underground sous l’Embarcadero et sors à Powell pour tomber nez à nez avec un transexuel nu se frottant le sexe contre un lampadaire tandis que deux clochards édentés et hilares fessent son arrière-train rougeâtre.

W-O-W.
(j'ai la photo, et vraiment je ne sais pas quoi faire avec...)

Honnêtement ? J’ai eu l’impression de vivre 3 heures sous hallucinogènes légers. Jambes imperceptiblement flottantes et yeux écarquillés, sourire béat un peu crispé. La Gay Pride de San Francisco quand vous l’avez faite une fois, je pense qu’ensuite plus grand-chose ne peut vous surprendre.

D'ailleurs, moins que les chars et le défilé en eux-mêmes, sympathiques mais finalement assez conventionnels ; voire conformes à certains clichés, c’est la foule environnante qui est fascinante à parcourir et observer. En fait, proprement indescriptible. Et jusque tard dans la nuit des géants barbus avec des têtes de généraux sudistes déambuleront nus dans des tutus roses.

Un souvenir tenace néanmoins.

L’odeur puissante des clochards de Market Street. Métaphore terrible de l’odeur de sida qui, bien présente, flotte sur le cortège d'une communauté décimée. Certain corps dénudés, marqués des stigmates de la maladie. Des individus aux regards incurables. Dimanche dans les rues de SF j’ai vu la fierté, la saleté, la vie et la mort. Et je crois que je n’en suis pas ressorti tout à fait indemne.

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