...motherfuckers!

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jeudi 11 décembre 2008
Par Simon le jeudi 11 décembre 2008, 18:17

Leweb08 s'achevait hier soir dans un rade pourri de la rue Daunou.
Comme j'ai toujours pensé que l'édition 2006 fut pour moi un révélateur essentiel qui m'amena 2 ans plus tard bosser à San Francisco (vous connaissez la suite) vous ne m'entendrez pas écrire qu'il y fit froid, faim, wifiless, que les soirées étaient décevantes, les conférences peu passionnantes, et le networking un peu grippé. Je pense qu'il faut retenir que c'est un événement exceptionnel en Europe, notamment par le taux de conversion excessivement élevé d'américains et d'internationaux qui s'y déplacent, et que, comme Christine, je trouve que ce que Loïc & Géraldine réalisent années après années - même si c'est un événement qui conceptuellement demeure tiraillé entre un TC50 et un TED - reste brillant et unique. Même tenu dans une ancienne morgue. Au pire je dirais qu'il y a vraiment un problème de surpopulation masculine et qu'en 2009, quitte à encore augmenter les budgets, on veut des babes. Comme en Californie. Une tous les 20 mètres façon détecteurs de fumée.

Et c'est Producteev qui se lance ! La start-up des amis Ilan & Aric a consécutivement lancé sa bêta privée, présenté au concours de start-up et fait la une de Techcrunch US & FR. Je vous invite d'ailleurs vivement à request votre invitation à cette adresse. Un soft d'enfer sublimé par le meilleur webdesigner d'Europe. Les tâches ont enfin trouvé leur Arche collaborative - Sigh !!!!

Enfin last but not least nous apprenions dans la foulée la release réussie de Keren Or (explication du papa : rayon de lumière pour les non pratiquants de l'hebreu - fair enough!), troisième membre de la famille Levy-Garboua américaine dans une maternité de San Francisco. Le papa ne changera plus les couches de ses Skaaz mais de sa petite fille, en attendant le prochain qui, à n'en pas douter est déjà sur la roadmap du couple et dont le kickoff est raisonnablement envisageable aux alentours des fraiches nuits californiennes d'avril/mail 2009 ! Bravo Pascal, t'as réussi le plus dur : devenir une plateforme !
jeudi 6 novembre 2008
Par Simon le jeudi 6 novembre 2008, 23:20
Avouons-le.
J'ai le blogger's block.
Et le blues du loner.
C'est comme ça, c'est la vie. L'aventure de San Francisco m'a passionné au point de vous en livrer tous les dessous. Parfois cocasses, parfois sordides, toujours honnêtes et plein d'optimisme. Jusqu’à certaines impudeurs lyriques et enflammées. Mais ce blog reste irrésistiblement lié au lieu. Et blogguer depuis Paris, même si l’habitat enfin ne tangue enfin plus, n’a plus tout à fait la même saveur ni ne me protège autant.
L’ambiance parisienne, plus studieuse que jamais, me fait moins pencher vers le clavier. Le boulot mais sans les excentricités. Et puis que dire d’excitant de notre capitale désespérément petit-bourgeoise et figée que vous ne sauriez déjà ?
"Salaud d'Américain" murmurez-vous, que ne vient-il dauber sur son propre pays ? C’est vrai. Malgré les charmes de Paris, qui par contraste me font comprendre la passion des Américains pour cette ville, deux projets professionnels excitants, des bouffes comme je n’en avais pas fait depuis longtemps, retrouver les vieux amis, la famille, le scooter à fond boulevard des Batignolles mèche au vent et poignée en coin et les week-ends à l’Ile de Ré, Obamanation me manque cruellement, et l’hiver pouilleux et sans concessions qui s’abat sur nous n’arrange rien. Mes amis New-Yorkais me manquent, mes amis de San Francisco me manquent, ma sœur partie deux ans à Montréal me manque, et je ne trouve que de faibles palliatifs à ces absences.
Que vous dire ? J’ai le projet secret de faire le tour des villes européennes. Là au moins, il ne faut pas de visa particulier. Vienne manifestement, dans quelques semaines dans le cadre d’un projet secret. Vous ai-je également dit que j’avais eu un peu de chance au tirage au sort ? Une bonne occasion de voir Milan début décembre avec un tour programmé à Vincenza, Padoue et Venise. Enfin à Londres courant décembre. Et à Amsterdam en janvier revoir une bande de néerlandaises méchamment allumées m’ayant fait passer des moments mémorables à San Francisco.
Professionnellement je puise dans mes ressources pour garder mon enthousiasme après la griserie de la Silicon Vallée. Ca n’a l’air de rien mais revenir dans le petit bassin après avoir nagé en pleine mer n’est pas si facile à vivre que ça. Un certain bienheureux ayant emménagé en Californie quelques semaines après mon retour n’aide pas non plus.
Sigh...
Et sur ces bonnes paroles se termine le moment de relâchement du jeudi soir 6 novembre.
Au lit. Et demain, au boulot.
Bonne nuit camarades !
dimanche 5 octobre 2008
Par Simon le dimanche 5 octobre 2008, 14:14

La nuit parisienne. Ses mèches folles et ses clubs fachistes. La vraie
prostitution moderne est là finalement, devant le videur. Mais admirons plutôt
la hypitude complètement démodée du dernier lieu couru. Dans une sous-pente
étouffante façon chambres de bonnes en enfilade, dernier sas sécurisé d'un
l’endroit déjà bien protégé, une chanteuse néo-zélandaise entonne Summer Time
a capella. Dans l’assistance, une petite actrice américaine en robe
plus ou moins haute couture plus ou moins déchirée commence à s’énerver que
personne n’ose soutenir son regard. Sa clique new-yorkisante mais seizièmisée –
avec l’inévitable mec en peignoir – fait mine de jouir délicieusement du
moment. Pendant ce temps un étage plus bas, la foule des replicants
habituels, mains dépliées sur le torse ou crispée dans les cheveux lèvent de
temps à autres un petit doigt implorant en équarquillant grand les yeux en
direction du physionomiste maison, qui s’appelle Mike ou bien John ou Francis.
Mais Mike - ou John - leur oppose cette petite mine contrite et ce tournement
de dos sur place, et ils ne rentrent pas. En haut toujours, l’on discute devant
un saut à champagne avec un coréen chétif qui vit à Brooklyn et fait de la
peinture. Après de longues minutes d’un dialogue haché il montre sur son
Blackberry les shoots un peu cheaps de quelques unes de ses toiles. Qu'on se
fait passer, admiratifs, entre locaux admis au premier, et curieusement tous
affiliés à la mafia d’un magasin de la rue saint-honoré au prénom d’écrivain.
Sauf un, bien content d’avoir de tels amis. Au réveil. Vaseux. Curieux. L’on
google le petit coréen, pour réaliser qu’à 36 ans, l’animal, qui peint
d'immenses fresques abstracto-schizophréniques dixit les abstracts du site de
la Saatchi Gallery, mais à couper le souffle, possède une notice sur
Wikipédia de plusieurs pages – un véritable indice moderne de bankabilité – et
a déjà exposé dans plus de villes au monde que l’on n’en visitera sans doute
jamais. Réveillant en soi l'inévitable questionnement métaphysique du pourquoi
je suis pas un artiste putain moi aussi j'ai une sensibilité merde à la fin.
Mais en rentrant, pourtant repu du spectacle et satisfait d’un tel accès, l’on
se prend à chercher l’essentiel, ou au moins l’un de ses substituts bradés
qu'on aurait pu croiser...
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